Le plus vieux tableau représentant la Ville d'Agen au musée des Beaux-Arts !

Présentation exceptionnelle de la « Perspective de la ville d’Agen vue du faubourg du Passage faite en 1648 » offerte par la famille BOËRY.

Éléments Généraux

Le musée a eu l’honneur de dévoiler ce samedi 18 juin 2022 une des principales libéralités de ces dernières années, concrétisée en 2019. Il s’agit d’un témoignage historique insigne, une gouache représentant la Perspective de la ville d’Agen vue du fauxbour du Pasage faite en MDCXLVIII [1648], offert par la famille de Boëry.

Comme toutes les nouvelles acquisitions proposées, ce don a été validé par la commission interrégionale des acquisitions de Nouvelle-Aquitaine du 4 juillet 2019. Après avis favorable, l’œuvre a définitivement intégré les collections publiques et a été inscrite à l’inventaire règlementaire du musée.

L’œuvre n’avait naguère été exposée au grand public qu’aux expositions organisées en marge du Concours régional en 1863 et en 1879 à Agen.

Elle fut également photographiée avant 1889 par l’érudit et historien local Philippe Lauzun (1847-1920) puis reproduite en gravure par l’imprimerie de la ville d’Agen et publiée par le libraire Lacaze.

Le dessin et le cadre ne datent pas de la même époque. Le cadre comporte lui-même deux éléments distincts : les baguettes entourant la gouache, d’une part, et le fronton semi-circulaire qui le surmonte, d’autre part. C’est sans doute à l’occasion de la confection du fronton, durant la deuxième moitié du XVIIIe s., que des numéros sur les principaux édifices représentés ont été peints sur l’œuvre, renvoyant aux légendes correspondantes sur le fronton.

Propriétaires de l’œuvre

L’œuvre est très probablement issue d’une commande, sans pouvoir encore déterminer l’identité de son premier propriétaire ni de son auteur. Il est toutefois possible qu’elle ait appartenu à Pierre-François-Xavier Daribeau de Lacassagne (1740-1818), fin connaisseur de l’histoire locale et important collectionneur d’antiquités agenaises. À sa mort en 1818, le dessin passe à sa fille, qui a épousé un membre de la famille Martinelli puis, en 1874, par héritage, dans la famille de Boëry. L’œuvre reste ensuite dans cette famille qui en faitdon au musée d’Agen le 11 janvier 2019.

Restauration

L’opération de restauration a été confiée à Éric Ouley pour le dessin (pour un coût de 1980 €) et à Sophie Nicolas pour le cadre (pour un montant de 2622 €). La restauration était indispensable car l’œuvre présentait de nombreuses détériorations. L’intervention a nécessité en tout 6 mois de travail.

  • Sophie Nicolas : Conception, réalisation et restauration, bois et bois dorés à la feuille d’or.
  • Éric Ouley : Conservation-restauration d’Arts graphiques.

La restauration a pu être menée à bien grâce à une subvention de la Direction régionale des affaires culturelles de Nouvelle-Aquitaine (DRAC).

Conservation et expostion temporaire du tableau 

La fragilité de la technique de la gouache impose de préserver de la lumière l’œuvre et de restreindre son exposition selon les règles élémentaires de conservation préventive.

Du fait de cette fragilité extrême de l'oeuvre, le tableau sera visible seulement jusqu'au 4 juillet 2022 au premier étage du musée (si les conditions climatiques le permettent) avant de regagner les réserves pour une conservation optimale. 

Importance de l’œuvre

Première vue attestée de la ville d’Agen, à une époque où les représentations panoramiques de ville se popularisent avec le travail de Christophe Tassin (vers 1600-1660), ingénieur du roi, elle donne à voir au premier plan la Garonne et ses moulins à nef puis le Gravier s’étendant jusqu’au mur d’enceinte ponctué de tours et de portes. À l’intérieur, les tours des monuments publics et des maisons des grandes familles côtoient les flèches des églises écrasées par la masse de la cathédrale Saint-Étienne aujourd’hui disparue.

C’est un témoignage historique capital pour la connaissance topographique et patrimoniale de la ville car c’est la première représentation connue d’Agen.

Par ailleurs, les principaux édifices sont numérotés et se rapportent à une légende située sur le fronton de l’œuvre et fournissant des informations très précieuses.

Description de l’œuvre

Le dessin décrit la cité entourée de ses fortifications, depuis les portes Saint-Antoine et du Pont-Long, et dépeint avec exactitude la cathédrale Saint-Étienne et son clocher, la collégiale de Saint-Caprais, l’église des Jacobins, l’église des Cordeliers, devenue Saint-Hilaire, divers édifices religieux et civils disparus, comme la tour de la Grande Horloge, des demeures de patriciens et les fortifications, dont la tour de la Poudre, toujours en place aujourd’hui, à l’angle sud-ouest. Au premier plan, coule la Garonne, ponctuée par des moulins à nef, tandis que des scènes de la vie quotidienne se déroulent sur le chemin de halage.

Publié le 20/06/2022