Ville d'Agen

Mouvements culturels et politiques

Introduction

ll y a des mouvements dont la vocation est culturelle et des mouvements politiques qui se présentent aux élections. Les associations culturelles comme le Félibrige et l'Institut d’Études Occitanes sont apolitiques et ont vocation à rassembler tous les défenseurs et les promoteurs de la langue et de la culture occitane quelle que soit leur orientation politique, religieuse ou philosophique et quelle que soit leur origine.

Les partis politiques occitans (Parti de la Nation Occitane (http://lo.lugarn-pno.over-blog.org ), Partit occitan (http://partitoccitan.org ) , Libertat  ( http://libertat.org  ) et Iniciativa per Occitània (http://iniciativaoc.blogspot.fr ) qui est plutôt un laboratoire politique occitan, n'ont pas d'élus aux parlements nationaux ou au parlement européen, dans les conseils généraux français. Cependant, aux élections régionales de 2010 en France, le Partit occitan, allié avec Europe-Ecologie- les Verts, a fait son entrée dans 5 conseils régionaux (par exemple David Grosclaude en Aquitaine.)

Dans le Val d'Aran,  Unitat d'Aran est affilié au Parti socialiste catalan, tandis que Convergència Democràtica Aranesa - Partit Nacionalista Aranès, actuellement au pouvoir, est l’antenne aranaise de la Convergence démocratique de Catalogne (CIU).

La plus ancienne association est le Félibrige. Une partie de ses membres a fondé un mouvement distinct sous le nom d'institut d'études occitanes après la Seconde Guerre mondiale. Les principaux mouvements présents en France s’accordent sur l'unité de l'occitan ou langue d'oc dans sa diversité dialectale :

Littérature occitane

Moyen-Âge

La Chanson de Sainte Foy (Cançon de Santa Fe), 11ème siècle

Canc?o?_de_Santa_Fe

Si on en croit les historiens, le 6 octobre 285 à Agen, une jeune fille chrétienne, Fides (foi en latin) fut martyrisée en raison de sa foi et enterrée près de la Garonne dans ce qui est, aujourd’hui, la rue du Pont-de-la-Garde, événement banal à une époque où les chrétiens étaient systématiquement persécutés. Canonisée et appelée Sainte Foy, elle fut, plus tard, plus dignement placée dans une sépulture à l’emplacement actuel de l’église Sainte Foy (un vitrail y évoque son martyre). Las ! les reliques de la sainte connurent une histoire digne d’un roman policier médiéval : volées par un moine de Conques en Aveyron, elles contribuèrent au rayonnement de l’abbaye rouergate.

Le Petit Bleu de Lot-et-Garonne avait annoncé, le 1er avril 1999, que dans un geste symbolique pour célébrer le passage à un nouveau millénaire, il était  question de restituer les reliques de la célèbre agenaise à la ville d’Agen, si toutefois l’Eglise donnait sa bénédiction et le ministre de l’Intérieur son feu vert. Cette histoire trop belle pour être vraie fleurait bon le conte de fées mais elle n’était qu’un astucieux poisson d’avril que beaucoup d’agenais ont gobé.

Cela n’enlève rien à la nécessité d’apprendre à la plupart des lot-et-garonnais que la sainte a été immortalisée par un des trésors de notre littérature occitane. La Cançon de Santa Fe ( La Chanson de Sainte Foy)  est non seulement  le premier texte rimé en langue occitane, mais représente un authentique chef-d’œuvre. Nul ne peut dire avec certitude où elle a été écrite et quel en est son auteur. Selon toute probabilité sa date est postérieure à l’an mil. La chanson dresse un portrait peu flatteur d’Agen et de ses habitants.

Jugez plutôt : 

Totztemps avèz audid, asaz,
Q’Agens fo molt ric ciutaz,
Clausa ab murs et ab vallaz,
Garonna.L corr per cell un laz,
La gentz d’achí fo mal’assaz,
En oz esteron et en paz,
Non.s pars neguns dels granz peccaz,
Plus cel q’es fòlz qe.tz mèlz membraz,
Entrò en pres Dèu pietaz,
Et en la croz los ag salvaz,
Et de Diable deliuraz.
Toujours avez ouï dire et redire,
Qu’Agen était une très riche cité,
Entourée de murs et de fossés,
Garonne y court sur un côté,
Les gens du cru assez mauvais,
Oisifs et paisibles,
Ne s’abstenaient des grands péchés,
L’insensé moins que le sensé,
Tant que Dieu n’en eut pris pitié,
Et sur la croix ne les eut sauvés,
Et du diable délivrés.

Mais après le martyre de la jeune vierge, les Agenais se repentirent :

Plora.s la gentz e son marid !
Per la donzèlla fan gran crid
«  E ! tal jovent ! Tan lèu delid !
Sens tot forsfait qu’ajàm audid
Edunc se sun molt penedid
Del mal q’aun fait Dèu per oblid
Et a llui se sun convertid
E per martyri mult fenid
E prègan lo q’el eiss los guid.
Les gens pleurent et sont meurtris
Pour la fillette ils poussent de grands cris
«  Si jeune ! Si tôt détruite
Sans que faute nous ait été dite
Alors, ils se sont beaucoup repentis
Du mal fait à Dieu par omission
Et à lui se sont convertis
Et beaucoup le martyre ont subi
Le priant pour qu’il les guide.

Ce court extrait  nous montre que les Agenais de cette époque reculée n’étaient pas si mauvais après tout. Cette chanson, même si son thème est religieux, est un texte poétique et romanesque. Elle n’a pas été écrite dans un but d’édification. Sa langue d’une grande beauté correspond assez précisément à l’occitan écrit et parlé en Agenais au XIe siècle, une époque où nos ancêtres n’étaient pas encore français. La sainte et la Chanson qui la loue font partie intégrante du patrimoine de tous les lot-et-garonnais.

TroubadoursÀ partir du XIIe siècle, avec Guillaume IX de Poitiers (Guilhem IX) commence l'ère des troubadours et des trobairitz qui donna un rayonnement européen et international (Comté de Tripoli) à la langue occitane.

Parmi les trobairitz, le nom de la comtesse Béatrice de Die reste parmi les plus connus. Parmi les autres troubadours réputés, il faut citer : Marcabrun, Bernard de Ventadour, Bertrand de Born, Cercamon, Pèire Cardenal et Raimbaut de Vaqueiràs. Les troubadours écrivaient dans une langue d'oc commune. Le seigneur de l'Aquitaine occitane, le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion a écrit des poésies en langue d’oc.

Au Moyen-Âge, les toutes premières académies modernes de la  langue occitane furent créées : le Consistoire du Gai Savoir - Consistori del Gay saber) et un concours littéraire (les Jeux Floraux - Jocs Florals) ainsi qu’une grammaire (les Lois d'Amours - Leys d'Amors).

Cette période s’acheva par la conquête d'une grande partie de l’Occitanie lors de la croisade dite des Albigeois, que relate la grande Chanson de la croisade (Canso de la crosada). Dans l'Occitanie conquise, l'emploi administratif et littéraire du français commença alors lentement à s'imposer sur celui de l'occitan (en Béarn, l'emploi de l’occitan dans les textes administratifs durera jusqu'à la Révolution française).

Première Renaissance, siècle d'or et siècle des Lumières

Le premier livre imprimé en occitan fut un traité de mathématiques (Lo Compendion de l'Abaco) en niçard en 1492 de Francés Pellos à Turin. Il sera suivi presque un siècle plus tard par l'impression de la Cisterna Fulconicra de Joan Francés Fulcònis.

Aux XVIe et XVIIe siècles, la Gascogne en premier, puis Toulouse connurent une renaissance littéraire ; un des principaux auteurs de cette « renaissance » fut Pey de Garros, huguenot gascon, grand poète et érudit au faîte des connaissances classiques de son époque qui voulut rendre à la langue son éclat avec ses Poesias gasconas ses Eglògas et surtout sa traduction de Psaumes de David en gascon commanditée par la reine Jeanne d'Albret ; cette dernière, souveraine de Béarn commanda également une autre version en béarnais à Arnaud de Salette ; ses Psaumes de David metuts en rima bearnesa constitue d'après Robèrt Lafont le premier texte en langue béarnaise (les textes plus anciens étant écrits dans une langue d'oc géographiquement plus neutre). Il faut souligner que le roi Henri III de Navarre (futur Henri IV de France) avait le gascon du Béarn comme langue maternelle et correspondait aussi dans cette langue. C’était aussi la langue administrative utilisée dans les fors de Béarn, ensemble de textes légaux rédigés entre le XIe et le XIIIe siècle.

À la même époque, la Provence, de son côté vit fleurir, entre autres, les œuvres de Louis Bellaud ainsi que de Claude Brueys.

Le XVIIe siècle à Toulouse vit briller et pour longtemps la poésie de Pèire Goudouli (Pèire Godolin)

Malgré ces auteurs, la langue d'oc continua de perdre du terrain au XVIIIe siècle malgré des œuvres prestigieuses comme l'opéra en occitan de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville Daphnis et Alcimadure (Dafnís e Alcimadura), l'œuvre de l'abbé Jean-Baptiste Fabre (en particulier son roman philosophique Histoire de Jean-l'on-pris (Istòria de Joan-l’an-pres), la poésie du Béarnais Cyprien Despourrins et le très grand succès de la pièce de théâtre Manicla du Toulonnais Étienne Pélabon.

Le XIXe et la renaissance du Félibrige

Avant le Félibrige

Jasmin (photo ci-contre)

Jasmin

Au XIXe siècle, malgré le fait que la langue fût chaque fois davantage menacée par l'avancée du français, plusieurs auteurs préparèrent sa renaissance. Parmi eux, Jasmin connut un très grand prestige sur le plan régional, national et même international. A l'origine, barbier d'Agen, il fut le protégé de Charles Nodier, l'ami et le frère maçon de Franz Liszt, loué par Sainte-Beuve et également par le poète nord-américain Henry Longfellow, source d'inspiration pour George Sand et prisé aussi bien par le peuple méridional que par les salons parisiens de son temps. Il est l'auteur d'un grand recueil lyrique Las papilhòtas ainsi que du poème narratif au ton dramatique L'avugle de Castelculhèr. Une station du métro parisien porte son nom.

À Marseille fleurit à la même époque l’œuvre de Victor Gélu. En Béarn on chante la poésie politique et progressiste de Xavier Navarrot.

Mistral et les félibres

Frédéric MistralFrédéric Mistral (photo ci-contre), de son côté brilla internationalement tant sur le plan littéraire (il reçut le prix Nobel de littérature en 1904) (avec Mirelha, Calendal e Lo poema dau Ròse) que par sa participation à la fondation du Félibrige et par son dictionnaire encyclopédique qui demeure la grande référence de la langue occitane -Lou Tresor dou Felibrige, dans la graphie originelle -).

Autour de Mistral et du Félibrige vont surgir un nombre impressionnant d'écrivains tels que Joseph Roumanille ou Théodore Aubanel. Un grand nombre d'écrivains surgiront dans le sillon du Félibrige. L'écrivain aristocrate Joseph d’Arbaud, par exemple (dont l'occitan était la langue maternelle), avec son roman La Bèstia dau Vacarés (La Bête du Vacarès) se fait le chantre de la Camargue et des gardians tout en poussant la langue au plus haut niveau de qualité.

En plus de leur réception internationale, sur leur pas se joignent des écrivains « étrangers » qui adoptent le provençal, tel que l'irlandais William Bonaparte-Wyse ou des « exilés » qui éditent outre-mer en langue d'oc (c'est le cas du Béarno-Argentin Alexis Peyret).

Le XXe siècle

Le paradoxe est que l’usage de la langue recule alors que la littérature occitane se développe.

Après la Seconde Guerre mondiale, un groupe d'intellectuels et d'anciens résistants (parmi lesquels, Tristan Tzara, Max Rouquette et Robert Lafont) crée l'Institut d'études occitanes reconnu d’utilité publique.

Parmi les plus grands écrivains de langue occitane du siècle dernier, les plus remarquables sont le rouergat Jean Boudou (Joan Bodon), le languedocien Max Rouquette et le gascon Bernard Manciet.

Jean Boudou
Jean Boudou
Max Rouquette
Max Rouquette
Bernard Manciet
Bernard Manciet

De jeunes ou moins jeunes écrivains occitans ont pris la relève au siècle dernier et aujourd’hui comme Jean-Frédéric Brun, Roland Pécout, Michel Chadeuil, Philippe Gardy, Jan dau Melhau et Jean-Marie Petit pour ne citer que quelques-uns. L’un des plus importants, le poète Yves Rouquette est décédé le 5 janvier 2015.

Yves Rouquette
Yves Rouquette

Poster un commentaire



  • TwitterTwitter
  • FacebookFacebook
  • YouTubeYouTube
  • FlickrFlickr
  • NetvibesNetvibes
  • Flux RSSFlux RSS
  • E-mailNewsletters

Services &
démarches en ligne

Je suis :

Vidéos

Elles & SportsElles & Sports

Plus de vidéos

Photos

  • FPA2017 le 17/10/2017
    FPA2017
  • FPA2017 le 17/10/2017
    FPA2017
  • FPA2017 le 17/10/2017
    FPA2017
  • FPA2017 le 17/10/2017
    FPA2017

Plus de photos