Ville d'Agen

Langue occitane et occitan parlé à Agen

La langue occitane, ou langue d’oc, est encore  parlée par plusieurs millions de locuteurs dans 31 départements du Sud de la France ; comme toute langue occupant une aire étendue, elle comporte plusieurs dialectes : limousin et auvergnat au Nord, provençal à l’Est, gascon en Aquitaine, au sud de la Garonne, et languedocien au centre. De Port-Sainte-Marie (47) à Muret (31),  la Garonne est la limite naturelle entre languedocien (rive droite) et gascon.

 Le parler agenais est bien connu grâce à d’anciennes grammaires, textes administratifs, ou auteurs de tout genre, du célèbre Jasmin aux poètes moins connus  (Lambert, Delbès…), qui nous permettent d’étudier l’histoire de la langue, et de caractériser le dialecte. L’agenais est un parler (un sous-dialecte) du languedocien septentrional, qui se démarque assez nettement du toulousain (où l’article est : le, Agen : lo), du bergeracois (qui dit fal « il faut », contre cal à Agen) et du quercynois (où l’-a- atone passe a /o/, ainsi que la  -a- nasalisé (« enfant » se prononce /enfã/ à Agen, mais /éfõ/ dans le Lot) ; ces exemples montrent bien que les différences entre parlers sont minimes, et n’empêchent nullement l’intercompréhension.

Plus importantes et plus nettes sont les différences avec le dialecte voisin, le gascon ; comparons quelques faits linguistiques :

  f- au début d’un mot r- au début d’un mot  -n- entre voyelles

Comparaisons Languedocien / Gascon

Languedocien
(Agen)

La filha, la femna
(la fille, la femme)

la ròsa,  lo rieu
(la rose, le ruisseau)

la luna, la pruna
(la lune, la prune)

Gascon

La hilha,  la hemna

l’arròsa,  l’arrieu

la  lua,  la  prua

  -ll- dans un mot -ll en fin de mot groupes  -nd-, -mb-, -tr-

Comparaison Languedocien / Gascon

Languedocien
(Agen)

latin bella  >  bèla
(belle)  (pron. /bèlo)

latin  castellu  >  castèl
(château)

landa, comba, mèstre
(lande, combe, maître)

Gascon

Bèra (pron. /bère)

casteth

Lana,  coma,  mèste

  Bien sûr, la morphologie verbale gasconne est assez différente, mais n’affecte guère le parler agenais. Citons cependant une particularité unique  du verbe gascon :: la présence d’une particule « énonciative », qui  aide à en préciser la nuance : en gascon, on dit « Que canti. Be cantas hòrt  ! E cantas ? », et, à Agen : « Canti. Cantas fòrt ! Cantas ? » (Je chante. Que tu chantes fort ! Est-ce que tu chantes ?)

   Or, Jasmin, et beaucoup d’agenais, disent parler « gascon » : c’est que, pendant longtemps, ils n’ont pas eu d’autre mot pour désigner leur langue, sauf le terme  (aussi péjoratif qu’injustifié) de « patois » ; la gascon, langue de « nòste Enric » (Henri IV) était une langue prestigieuse, et pour être en Gascogne, il suffit de passer le pont…  Mais les Gascons, « menteurs et buveurs sans vergogne, faisant cocus tous les jaloux »  (Rostand, Cyrano) avaient assez mauvaise réputation : sans doute est-ce la raison pour laquelle les Agenais se sont toujours affirmés « d’Agen même » !

Voici donc, emprunté à l’œuvre de Jasmin, dont la langue reflète le parler agenais de la fin du XIXe siècle, un petit texte :

Vièlh e cruishit, l’autre sègle n’aviá
Qu’un parelh d’ans a passar sus la tèrra,
Quand, au recoèn d’una vièlha carrièra,
Dins un ostal ont mai d’un rat viviá,
Lo Dijòus gras, darrièr la pòrta
A l’ora ont fan sautar lo pescajon,
D’un pair boçut, d’una mair tòrta
Nasquet un dròlle : aquel dròlle, aquò’s jo !

(Vieux et cassé, l’autre siècle n’avait / que deux années à passer sur la terre / quand au recoin d’une vieille rue, / dans une maison où vivait plus d’un rat, / le jeudi-gras, derrière la porte, / à l’heure où l’on fait sauter la crêpe, / naquit un enfant : cet enfant, c’est moi ! //)

                                                                                                                     Jean  Rigouste

Quelle graphie pour l’occitan

Au XXe siècle, la graphie dite classique, largement inspirée de la graphie médiévale prend le pas sur la graphie mistralienne encore très répandue en Provence.

Quel drapeau ?

Le drapeau occitan moderne

Drapeau occitan

François Fontan de Cours, gascon de Roquefort sur Garonne près de Toulouse, un des grands théoriciens de l’occitanisme moderne,  a créé le drapeau occitan d’aujourd’hui en reprenant la croix de Toulouse et du Languedoc, signe d’appartenance au Comté de Toulouse (ce qui fut le cas d’Agen pendant une partie de son histoire), comme symbole fédérateur de l’Occitanie, une dans sa diversité. Il y a ajouté l’étoile à sept branches du Félibrige dont les sept maintenances englobaient la Catalogne. Fontan a remplacé la Catalogne par le Dauphiné occitan. Cette étoile est très importante car sans elle le drapeau n’est que celui du Languedoc.

Poster un commentaire



  • TwitterTwitter
  • FacebookFacebook
  • YouTubeYouTube
  • FlickrFlickr
  • NetvibesNetvibes
  • Flux RSSFlux RSS
  • E-mailNewsletters

Services &
démarches en ligne

Je suis :

Vidéos

Elles & SportsElles & Sports

Plus de vidéos

Photos

  • FPA2017 le 17/10/2017
    FPA2017
  • FPA2017 le 17/10/2017
    FPA2017
  • FPA2017 le 17/10/2017
    FPA2017
  • FPA2017 le 17/10/2017
    FPA2017

Plus de photos