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Jasmin d'Argent

  • Type du document : Discours
  • Date de publication : le 30/06/2017 à 15:30
  • Lieu : Hôtel de Ville > Salle des Illustres

Discours prononcé le 19 juin 2017 par Jean Dionis du Séjour, Maire d'Agen, lors de la cérémonie des Jasmins d'Argent.

Jasmin d'Argent 2017

Monsieur le Président, cher Guy Delbès
Monsieur le Président du Jury, Pierre Brunel, qui nous faîtes l’honneur d’être des nôtres pour cette séance solennelle des Jasmins d’Argent,
Je salue également notre ami Salah Stétié,
Mesdames et Messieurs,

Il n’est pas usuel de démarrer cette journée des Jasmins d’Argent par la présentation d’un sarcophage daté entre le premier et le troisième siècle après Jésus-Christ et découvert en 1980 dans la Région de Tyr au Liban.

C’est à la fois grâce à Salah Stétié et à Guy Delbès que le Musée des beaux-arts d’Agen peut bénéficier de ce prêt.

D’abord Salah Stétié qui a fait son acquisition alors qu’il était Ambassadeur de l’UNESCO au Liban avant de le rapatrier en Europe. Puis à Guy Delbès, ami de Salah Stétié, propriétaire du sarcophage qui a décidé de le confier à notre Musée des beaux-arts.

Je ne résiste pas à la tentation de partager avec vous l’histoire un peu rocambolesque qui a permis que ce sarcophage en plomb arrive à Agen après avoir quitté le Liban, alors en pleine guerre civile, fait escale aux Pays-Bas puis à Paris.

La dernière étape entre Paris et Agen ne manque pas de sel.

Je vous laisse imaginer la tête de notre Directeur de l’Action Culturelle et de notre Conservateur du Musée lorsque je leur ai expliqué, sérieusement, que Guy Delbès avait pris la décision de faire ce prêt à la Ville.

La France étant ce qu’elle est et le monde de la culture n’étant pas en reste, je vous laisse imaginer les multiples raisons qu’ils trouvèrent pour m’expliquer avec conviction que : « décidemment non Monsieur le Maire cela ne sera pas possible ».

D’abord parce que bien entendu, compte tenu de la situation que connaissait le Liban au moment du transfert en Europe, le sarcophage n’était pas en règle. Connaissant le parcours de Salah Stétié, je savais qu’il avait exercé la présidence pendant sept ans du Comité intergouvernemental de l’UNESCO pour le  retour des biens culturels à leur pays d’origine en cas d’appropriation illégale ou de trafic illicite. J’ai donc vite balayé cette objection et je pensais l’affaire réglée.

C’était oublier que le sarcophage était en plomb et que, donc, il faisait courir de graves risques de santé publique pour les visiteurs du Musée. Là encore, nous avons trouvé des solutions.

Un peu agacé mais aussi un peu amusé par l’émoi que provoquait chez nous votre sarcophage, j’ai demandé à Adrien Enfedaque, notre conservateur du musée, de se mettre en mode commando pour qu’il puisse être à Agen pour cette séance solennelle.

Mission accomplie !

Je veux remercier Guy Delbès pour ce prêt qui vient compléter opportunément les collections levantines cédées à la Ville par Camille Aboussouan. Je remercie également les services culturels de la Ville qui ont su faire preuve de détermination et, disons-le, d’un peu d’audace dans cette affaire.

Après cette introduction un peu longue, revenons à cette séance solennelle qui, une fois encore, nous permet d’accueillir et de faire connaissance avec un homme de lettres de renommée nationale reconnu à l’international puisque vous êtes docteur honoris causa des Universités de Bâle, de Turin et de Thessalonique.

Je suis toujours surpris, année après année, par le carnet d’adresses de Guy Delbès.   

Monsieur le professeur émérite, critique littéraire reconnu, vous êtes l’un des meilleurs spécialistes français de littérature comparée. Vous avez d’ailleurs fondé le Centre de recherche de littérature comparée en 1981  et vous avez dirigé plus d’une centaine de thèses de doctorat de littérature comparée.

Mais je préfère laisser le soin à Guy Delbès de retracer votre carrière, il le fera avec davantage de précision et d’érudition que moi.

Au fond, pour nous qui sommes des béotiens, qu’est-ce que la littérature comparée ?

J’ai trouvé la définition proposée en 1967 par Claude PICHOIS et André Michel ROUSSEAU assez précise : la littérature comparée c’est l’art méthodique, par la recherche de liens d’analogie, de parenté et d’influence, de rapprocher la littérature des autres domaines de l’expression ou de la connaissance.

C’est une discipline assez récente puisque la première chaire de littérature étrangère à la Sorbonne est créée en 1830 et que la  littérature comparée n’acquiert ses lettres de noblesse dans les universités françaises qu’à partir des années 1920.

On imagine aisément les exigences de cette discipline au carrefour de toutes les littératures, françaises et étrangères, mais également entre toutes les formes d’expression artistique.

C’est donc un immense honneur pour nous que vous puissiez éclairer de votre science cette cérémonie solennelle des Jasmins d’Argent.

Nous avons également la chance d’accueillir parmi nous le poète et romancier d’origine chilienne Luis MIZON. Je dis d’origine puisque vous avez quitté votre terre natale Valparaiso, la vallée du paradis, au moment du coup d’état militaire de Pinochet et que vous avez désormais la double culture. Chilienne et française.

La littérature chilienne nous a donné Pablo Neruda mais vous en êtes également l’un de ses meilleurs ambassadeurs.

Pablo Neruda qui disait des poètes dans son œuvre magistrale J’avoue que j’ai vécu :

« de la même façon qu’il en coûterait beaucoup aux gens raisonnables d’être poète, il en coûte beaucoup peut-être aux poètes d’être raisonnables ».

C’est Claude Couffon, hispaniste reconnu qui a joué un grand rôle pour la connaissance en France d’écrivains de langue espagnole comme Gabriel Garcia Marquez ou le Prix Nobel Camilo José Cela, et qui est également votre traducteur, qui a probablement le mieux décrit votre poésie :

« la poésie est pour lui une façon de lever délicatement les masques, d’interroger les labyrinthes creusés par les apparences, de deviner les signes muets et les appels étouffés, de pressentir la transcendance sous la banalité, de débusquer l’imaginaire derrière l’écorce du réel »

On retrouve chez vous toute la sensibilité latino- américaine qui nous fascine, il faut bien se l’avouer, nous les européens.

Nous sommes très honorés de vous recevoir à Agen. Nous sommes, comme vous, sommes des gens du Sud même si pour reprendre vos mots « le sud n’existe pas, il faudra le deviner le démêler le blesser le faire sortir de nous. »

Je ne terminerai pas cette rapide intervention sans féliciter avec anticipation les lauréats qui seront distingués tout à l’heure.

Je vous souhaite une belle journée agenaise autour de la littérature et de la poésie que votre palmarès met à l’honneur.

Permettez-moi pour finir de reprendre à mon compte cette incantation de Pablo Neruda :

« Ah ! si seulement avec une goutte de poésie ou d'amour nous pouvions apaiser la haine du monde ! »

Je vous remercie

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