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40ème anniversaire jumelage Agen-Dinslaken

  • Type du document : Discours
  • Date de publication : le 03/10/2015 à 23:00
  • Lieu : Agen > Théâtre municipal Ducourneau

Discours prononcé par Jean Dionis du Séjour, maire d'Agen, le samedi 3 octobre 2015 lors de la soirée de célébration du 40ème anniversaire du jumelage entre les villes d'Agen et de Dinslaken.

Monsieur le Maire de Dinslaken,
Mesdames et Messieurs les élus de Dinslaken et d’Agen
Madame la Présidente et Monsieur le Président des comités de jumelage, Chère Ursula, Cher Klaus Dieter,
Mesdames et Messieurs,

Voilà 40 ans que Karl-Heinz Klingen et le Docteur Pierre Esquirol ont officialisé le jumelage entre les villes de Dinslaken et d’Agen.

Le Docteur Heidinger et moi-même, héritiers d’une longue chaine de maires de nos communes, avons le privilège de célébrer le 40ème anniversaire de ce jumelage.

J’étais à Dinslaken le 23 mars dernier accompagné d’une délégation agenaise pour célébrer le premier acte de cet anniversaire et je remercie à nouveau le Docteur Heidinger pour la qualité de l’accueil qui nous a été réservé.

Nous accueillons à notre tour depuis mercredi, la délégation de Dinslaken à Agen. Cette soirée musicale Franco-Allemande, que nous avons voulue gratuite et ouverte à tous pour y associer tous les agenais, clôture ce quarantième anniversaire.

J’ai beaucoup réfléchi à cet anniversaire, aux relations entre nos deux villes et, plus largement, entre nos deux pays. Permettez-moi ce soir de partager mes réflexions avec vous.

Célébrer un anniversaire, c’est d’abord faire mémoire d’un mouvement initial, d’une impulsion fondatrice. Or, pour comprendre le jumelage entre Dinslaken et Agen, il faut d’abord contempler l’histoire entre nos deux pays.

Comme chacun sait, notre histoire commune est d’abord belliqueuse, violente, souvent tragique.

Les origines de cet antagonisme entre nos deux pays remontent d’ailleurs bien avant la guerre de 1870.

Déjà, au 17ème siècle, la guerre de 30 ans de 1618 à 1648 constituera un premier épisode sombre des conflits franco-germaniques. Louis XIII puis Louis XIV voulaient contenir la puissance des Habsbourg et de violentes batailles opposèrent, principalement sur le territoire allemand, nos deux pays et leurs alliés respectifs. S’en suivirent 3 siècles de tensions jusqu’aux 1ère et 2ème guerres mondiales de 1914 et 1939.

L’amitié franco-allemande, au regard de l’Histoire, n’est donc pas naturelle ou innée comme pourraient le penser les plus jeunes d’entre nous. Elle s’est construite péniblement, douloureusement, à partir de 1945 et la fin de la 2ème guerre mondiale.

Songez qu’il aura fallu 18 ans pour que le Général de Gaulle et le Chancelier Konrad Adenauer signe le 22 janvier 1963 le traité de l’Elysée qui a posé les bases de la réconciliation entre nos deux pays.

Sans doute d’ailleurs que ce processus aurait été bien plus long sans la personnalité et l’aura d’Adenauer et de de Gaulle.

Tous deux étaient profondément respectés pour leur engagement sans ambiguïté pendant la seconde guerre mondiale.

Tous deux savaient qu’il n’y aurait pas de paix durable en Europe sans amitié franco-allemande solide.

Tous deux savaient, pour reprendre les mots de Gerhart SCHRÖDER, que « l’amitié ne peut pas exister entre les nations, seulement entre les peuples ».

Tous deux se sont employés avec la même énergie pour faire accepter ce chemin de la réconciliation à leurs populations.

Imaginez pourtant les haines tenaces qui existaient après trois guerres pendant lesquelles, chaque famille française, chaque famille allemande avait été touchée directement.

Imaginez aussi le sentiment de culpabilité du peuple allemand et le ressentiment du peuple français après la folie nazie et l’occupation de notre pays.

Fort de leurs convictions profondes, Messieurs Adenauer et de Gaulle mirent en scène la réconciliation Franco-Allemande en 1962 pour la concrétiser en janvier 1963.

C’est d’abord Konrad Adenauer, au mois de juillet 1962, qui réalise une visite officielle en France avec en  point d’orgue une messe célébrée par Monseigneur Marty à la Cathédrale de Reims.

Reims, ville où furent sacrés pendant 8 siècles les Rois de France. Reims, ville bombardée en 1914 par les troupes du IIIème Reich, Reims a une haute valeur symbolique. Les militaires français et allemands, si souvent ennemis, défilèrent ce jour-là côte à côte. En s’adressant à l’archevêque de Reims, le Général de Gaulle prononce cette phrase qui est encore inscrite sur la cathédrale : « Excellence, le chancelier Adenauer et moi-même, venons dans votre Cathédrale, sceller la réconciliation de la France et de l’Allemagne ».

A l’hôtel de Ville de Reims, le Général de Gaulle se félicite de l’adhésion populaire qui a accompagné cette visite officielle : « Il était essentiel que l’âme populaire manifestât son approbation de ce côté-ci du Rhin […..] cela est fait d’une manière éclatante ».

Quelques semaines plus tard, le Général de Gaulle se rend en Allemagne. Il y est attendu et il y fait sensation en évoquant dans chacun de ses discours, appris par cœur en Allemand, la grandeur du peuple allemand. Bonn, Cologne, ville dont Adenauer a été le Maire, Dusseldorf, Duisbourg, Hambourg, Munich et Stuttgart, partout l’accueil du peuple allemand est enthousiaste comme si le Général de Gaulle était venu le libérer du poids de son passé. 

Cette adhésion populaire de part et d’autre du Rhin rendra enfin possible, 18 années après la fin de la guerre, la signature du Traité de l’Elysée.

Mais quittons la grande Histoire et revenons à la petite histoire entre Agen et Dinslaken. C’est en 1975, soit 30 années après la fin de la guerre, que cette nouvelle amitié franco-allemande se matérialise dans nos deux communes. Là encore, aucun pont imaginaire ne reliait naturellement Dinslaken, ville industrielle de la Ruhr en bordure du Rhin, et Agen, ville du Sud-Ouest de la France irriguée par la Garonne.

Je vais vous faire une révélation, ce fût un mariage arrangé !

Internet et les sites de rencontres n’étaient pas encore d’actualité, pourtant, le jumelage entre Villes Françaises et Allemandes était une chose sérieuse. Il existait même à Paris un Bureau International, véritable agence matrimoniale pour villes françaises en recherche de relations sérieuses avec villes d’outre-Rhin.

Bordeaux, capitale du Sud-Ouest et du vin venait de convoler en justes noces avec Munich, capitale de la Bavière et de la bière. Union somme toute assez logique. Jacques Chaban-Delmas, alors Maire de Bordeaux, avait recommandé avec vigueur aux autres villes d’Aquitaine de privilégier des jumelages avec des villes de Bavière ce qui n’était d’ailleurs pas incohérent sous l’angle géographique et culturel.

Dans toutes les familles, il y a un enfant rebelle. Agen fut celui-là et refusa le diktat bordelais. Sans doute, la personnalité du Docteur Esquirol et les considérations politiques, la municipalité agenaise était alors d’une sensibilité politique différente à celle de Bordeaux, n’y sont pas étrangères.

Pierre Esquirol envoya alors un émissaire en la personne de René Montaut, Conseiller Municipal,  au Bureau International de Paris pour trouver la fiancée idoine.

Parmi les villes de Rhénanie disponibles, ce fut Dinslaken l’heureuse élue. Commence alors une véritable carte de tendre du jumelage !

Premiers contacts épistolaires prometteurs.

Temps de réflexion agenais lié à la difficulté du Docteur Esquirol à faire admettre à sa municipalité l’idée d’un jumelage avec une Ville Allemand. Les cicatrices restaient encore ouvertes.

Premières rencontres des tourtereaux en 1974 d’abord à Agen puis à Dinslaken.

Pierre Esquirol et Karl-Heinz Klingen négocient les termes du mariage qui se célèbre en deux temps.  A Dinslaken le 23 mars 1975, jour du trentième anniversaire du bombardement allié qui détruisit la Ville. A Agen en juin 1975 au moment de la Foire du Gravier.

A partir de cette date, c’est une longue lignée de Maires et de Présidents de comités de jumelage qui ont alimenté, fait vivre, cette impulsion initiale.

Il nous revient à nous, cher Docteur Heidinger, de célébrer ce 40ème anniversaire, pas seulement avec nostalgie et avec nos regards tournés vers le passé. Nous devons regarder résolument vers l’avenir et poursuivre l’œuvre de nos prédécesseurs.

Un anniversaire n’a de sens que s’il fait mémoire mais à condition que cette mémoire nourrisse l’avenir.

Déjà, notre jumelage de 2015 n’a plus grand-chose à voir avec celui de 1975 essentiellement linguistique et politique. Aujourd’hui, il est davantage culturel et touristique et peut-être demain économique. Il se décline au niveau de nos chorales, de nos associations, de nos jeunes, de nos sportifs, et récemment de nos pompiers.

Bref, il est en constante évolution, il se renouvelle, il se ressource car les fondations sont solides.

Pour reprendre la célèbre phrase du Comte Lampedusa dans le Guépard, « il faut que tout change pour que rien ne change », changeons tout nous aussi pour que l’amitié entre nos deux villes ne change pas. Nous avons un défi à relever à l’heure où l’Europe est mise à mal par tous les extrémismes, il  faut que nous apprenions à être européens ensemble !

Nous avons posé hier la première pierre pour construire un projet culturel commun à nos deux villes en nous appuyant sur des dispositifs mis en place par l’Union Européenne.

J’ai la conviction que nous sommes prêts à le faire avec vous !

Nous avons d’ailleurs pris cet engagement devant les Agenais à la suite de nos Assises de la Culture : « la Ville d’Agen participera à un appel à projet européen avec nos villes jumelles dans le cadre du programme Europe Créative ».

Ce 40ème anniversaire nous donne la mesure du bel héritage transmis par nos prédécesseurs, il nous appartient à présent, cher Docteur Heidinger, de faire évoluer et fructifier encore l’amitié entre Dinslaken et Agen.

« Es lebe die Deutsche-Französiche fruendschaft » (vive l’Amitié Franco-Allemande).

Vive Dinslaken, vive Agen. 

Je vous remercie.

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