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Hommage à Denis Ginestet

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Pose, au pied de la Passerelle, d'une plaque commémorative Denis Ginestet, résistant Français dans le Lot-et-Garonne (1902-1954).

La pose de la plaque s'est déroulée vendredi 24 avril 2015 en fin de matinée, en présence de M. le Maire, des représentants des associations d'Anciens Combattants et Résistants et des membres de la famille Ginestet.

Cette plaque comporte le message suivant : 


« A LA MEMOIRE DE DENIS GINESTET (1902-1954) REVOQUE DE SON POSTE DE FONCTIONNAIRE A LA PASSERELLE POUR AVOIR CHANTE LA MARSEILLAISE A AGEN LE 14 JUILLET 1942.

ARRETE, TORTURE PAR LA GESTAPO ET DEPORTE DANS LES CAMPS NAZIS EN 1943 »

Hommage à Denis Ginestet

Hommage à Denis Ginestet

Contribution de Mme Hélène Erlingsen

Podcast Radio Bulle (émission diffusée le 14 avril 2015)

 

Mardi 14 Avril - Forum - Denis Ginestet - Grand résistant Agenais by Radiobulle on Mixcloud

 

Qui était Denis Ginestet ?

Denis GinestetÉtrange découverte à la mort début 2015 de Max Ginestet, car sa famille ignorait que son père, Denis, ancien employé de la mairie d'Agen a été Résistant et déporté dans plusieurs camps.

Sa famille et plus précisemment sa petite nièce a officiellement adressé une demande auprès des maires d'Agen et du Passage-d'Agen pour qu'une plaque commémorative en la mémoire de Denis Ginestet soit érigée sur la passerelle reliant les deux communes.

Cette demande coïncide avec la commémoration dans le monde entier des soixante-dix ans de la libération des camps de concentration nazis, aujourd'hui.

Preuve à l'appui, la famille adresse tous les documents liés aux faits de Résistance de leur grand-père, arrière-grand-père et grand-oncle et rappelle que Denis Ginestet, Résistant de la première heure, a été dirigeant de l'Union départementale clandestine.

De 1942 à 1954 :

  • Pour avoir chanté, avec une poignée de camarades syndicalistes face à la Kommandantur, « La Marseillaise » place de la République, à Agen, le 14 juillet 1942, il a été suspendu, par Vichy, de son poste de receveur de l'octroi de la passerelle. Cet événement aura une conséquence inattendue : RADIO LONDRES s’en est fait l’écho.
  • En 1942, il a participé à la création du M.U.R. (Mouvement unis de la Résistance) en Lot-et-Garonne, membre de l'organisation d'un réseau clandestin d'émissions de radio.
  • Avril et mai 1943 : A ses risques et périls, il organise puis participe en première ligne, à l’évasion de 5 résistants du Chantier pénitentiaire de Boussès ainsi que de 4 patriotes de la prison Montaigne d’AGEN.
  • 25 juin 1943 : Il est nommé par François VERDIERS alias ‘FORAIN’, aux fonctions de Chef départemental du M.U.R. à la propagande.
  • Septembre 1943 : Il organise un réseau clandestin d’émissions radio, opérées par ‘François’ .
  • Arrêté par la Gestapo le 12 octobre 1943, il a été torturé par Hanak. Le chef de la Gestapo, qui sera fusillé à la Libération, a déclaré lors don procès, devant la cour de justice : « Sur 250 personnes qui me sont passées dans les mains, M. Ginestet est un de ceux que j'ai le plus maltraité, mais il est aussi un des très rares auquel je n'ai rien pu arracher, il est resté inébranlable comme un roc. »
  • 23 février 1944 : Denis Ginestet a ensuite été déporté en Allemagne, successivement dans neuf camps de concentration : Neu Bremmen, Nuremberg, Buchenwald, Natzweiller, Dachau, Asclach , Hallach, Veindingen, Dachau.
  • Actif dans les camps, il a été libéré le 29 avril 1945 par les Américains. Il a retrouvé Agen le 19 mai 1945. Il avait perdu 40 kilos. Et s'il tenait à peine debout quand il est arrivé à la gare d'Agen, il a refusé la civière pour l'amener à l'hôpital Saint-Jacques. Ses amis Résistants l'ont pris sous les aisselles pour qu'il puisse marcher jusqu'à la sortie. Il voulait « arriver debout » dans sa ville. Denis Ginestet a reçu la médaille de la Résistance et été fait chevalier de la Légion d'honneur.
  • Il est mort dans un accident de la circulation en 1954. « Très discret, il faisait partie de ces Résistants qui, dès 1945, sont revenus dans leurs foyers et ont repris leur travail. Il fut réintégré par la mairie d'Agen à son ancien poste à l'octroi de la Passerelle », écrit sa famille.

Procès Verbal n° 929/20 - 11 mai 1945

Ministère de l'Intérieur / Direction Générale de la Police Nationale

L’an 1945, le 25 mai, nous, MAILLAN Louis, commissaire de Police, chef de la Section de Police Judiciaire d’Agen, officier de police judiciaire, auxiliaire de M. le Procureur de l’Etat Français.

Vu la commission rogatoire ci-jointe, en date du 26 avril 1945 de M. BECHADE-LABARTHE, juge d’instruction du tribunal d’AGEN, à nous transmis pour exécution le 27 avril 1945 par M. BECHADE-LABARTHE, juge d’instruction d’AGEN et relative à la procédure suivie contre HANNACK Henri inculpé de trahison.

  • Avons fait comparaître devant nous, M. GINESTET Denis, âgé de 42 ans, rapatrié d’Allemagne, demeurant 10 cours de Belgique à Agen.
  • Lequel, après avoir déclaré n’être ni parent, ni allié, ni serviteur de l’inculpé, et avoir prêté serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, a déposé comme suit :

« Le 12 octobre 1943, le nommé HANNACK, s’est présenté à mon domicile en compagnie d’un autre individu. Il se faisait passer pour un résistant et me demandait asile, me disant qu’il avait abattu un allemand pour s’échapper.

Ayant des doutes sur sa personnalité, je ne lui ai pas donné satisfaction, c’est alors qu’il a sorti un gros pistolet, me tenant en joue et m’annonçant qu’il faisait partie de la police allemande.

A ce moment-là, il a sifflé et une bande d’allemands ont cerné la maison. Une perquisition a été faite chez moi, mais rien n’a pu être découvert qui puisse me nuire, car j’avais eu la précaution de camoufler les tracts qui étaient en ma possession.

Je dois vous dire, qu’à ce moment-là, j’habitais la villa Raymond-Max, à Lacapelette. La perquisition terminée, ils m’ont fouillé personnellement et HANNACK a trouvé dans la poche intérieure de mon veston, un certain nombre de cartes d’alimentation destinées à des groupes de résistance. Il a pris également mon portefeuille dans lequel il a mis les dites cartes et l’a mis dans sa poche. Sans aucune explication, il m’a demandé, car c’était HANNACK qui dirigeait, de le suivre.

Avant de partir, il a toutefois demandé à ma femme, de lui remettre de l’argent qui devait me servir. Ma femme lui a donné un billet de 1.000 francs qu’il a glissé dans mon portefeuille et dont je n’ai jamais plus entendu parler. Il m’a fait monter en voiture, traction avant noire citroen, et deux allemands sont montés de chaque côté de moi. Le restant a pris place dans une seconde voiture.

Je ne me souviens pas si HANNACKK se trouvait à mes côtés ou à côté du chauffeur. Je fus conduit à la caserne Lacuée où l’on me mit immédiatement en cellule.

J’y suis resté une heure et demi puis HANNACK est venu lui-même pour me faire subir un premier interrogatoire.

Il m’a conduit dans une pièce où deux allemands attendaient. Au cours de l’interrogatoire, ne voulant pas parler et répondant d’une manière fantaisiste à leurs questions, ces 3 allemands me saisirent et pendant qu’HANNACK me tenait à plat ventre sur un lit de camp par les cheveux et le cou, ces deux acolytes me frappaient, chacun à tour de rôle, le bas des reins, à l’aide d’un tube en caoutchouc rempli de limailles de fer.

Ils n’ont arrêté de frapper que lorsque le sang giclait. Je me souviens que, parmi les 2 allemands qui aidaient HANNACK, l’un d’eux était de taille moyenne, brun, calvitie frontale accentuée et ayant les dents de devant proéminentes.

Ce dernier m’a reconduit dans ma cellule, m’accompagnant de coups de poing et même de canon de pistolet dans les reins.

Je suis resté en cellule, sans soins, du mardi au dimanche après-midi où HANNACK est revenu me chercher et m’a conduit en voiture dans la rue Louis Vivent, au siège de la Gestapo.

Toujours en compagnie de l’allemand aux dents proéminentes, il me demanda si j’étais décidé à parler et, sur la négative, me conduisit au grenier où était installé un palan.

Après m’avoir mis les menottes, les bras derrière le dos, il m’a fait monter sur une chaise, il a tendu la corde puis a retiré brusquement la chaise, provoquant ma chute dans le vide.

Je ressentis immédiatement, une violente douleur aux omoplates et aux poignets. J’oubliais de vous dire, qu’avant d’être pendu, HANNACK m’a présenté un individu qui, soit disant, était un policier parisien et m’a posé la question suivante : « As-tu été déjà interrogé par un policier parisien ? » Je répondis que non et je remarquais que cet individu parlait impeccablement le français.

Je ne le connaissais pas, il était de taille légèrement au-dessus de la mienne, les cheveux très bruns, légèrement ondulé, vêtu d’un costume noir de cérémonie, chemise blanche et noeud de cravate noir. Cet individu, lorsque je fus suspendu dans le vide, s’est pendu à mes épaules, ce qui m’a occasionné de nouvelles douleurs plus violentes encore que les premières.

HANNACK commença à me frapper à l’aide d’une barre de fer, sans regarder où il me frappait et son acolyte l’y aida. HANNACK m’a demandé encore une fois si je voulais parler et devant mon mutisme, il sortit son révolver, me mit le canon sur la tempe et m’avertit qu’il compterait jusqu’à 10 puisqu’il me ferait sauter la cervelle si je ne disais rien.

Je lui répondis que c’était complètement inutile et que, ne sachant rien, il pouvait me tuer de suite. En colère, HANNACK me donna de grands coups de canon de révolver dans la figure, ce qui me cassa le nez à deux endroits différents, me cassa également plusieurs dents et m’enfonça également plusieurs côtes, toujours par le même procédé.

Son collègue l’aida et me balança au bout de la corde, me renvoyant de l’un à l’autre.

Non contents de ce traitement, HANNACK monta sur une chaise, me mit dans la position horizontale en me soulevant par les pieds, pendant que le soit disant policier parisien me détachait brusquement la corde du palan, ce qui provoqua ma chute violente sur le sol, la tête la premier.
Ils recommencèrent cette opération à 4 reprises différentes.

Après m’avoir remonté toujours suspendu par les poignets, HANNACK me dit : « Réfléchis, nous te laissons une demi-heure, nous allons déjeuner.

Effectivement, ils sont partis pendant une demi-heure et, à leur retour, ont recommencé à me torturer toujours avec les mêmes procédés.
Je suis resté ainsi, entre leurs mains, pendant deux heures et demie, au bout desquelles j’ai perdu connaissance. Ils m’ont alors descendu puis m’ont fait prendre de force un peu de bière et lorsque j’ai repris mes sens, HANNACK voulut me faire manger.

Je refusais toute nourriture car, dans l’état où je me trouvais, je ne pouvais même pas manger. Je dois vous mentionner, qu’avant de me faire subir ces traitements et ce deuxième interrogatoire, ces allemands m’ont laissé trois jours et demi sans aucune nourriture.

L’allemand aux dents proéminentes, dont je ne connais pas le nom, n’a pas assisté à ces tortures. Seuls, HANNACK et le parisien, se chargeaient de me frapper.

Revenu à moi, ils m’ont fait descendre dans le bureau au rez-de-chaussée où ils ont pris note de l’histoire que j’avais échafaudée et que je leur ai racontée. Ils m’ont cru et m’ont ramené à ma cellule, à la caserne Lacuée.

C’est HANNACK qui m’a reconduit.

Je n’ai jamais plus revu HANNACK et le mardi suivant, on m’a extrait de ma cellule, pour me transférer à la prison St Michel à TOULOUSE puis à FRESNES d’où je fus amené à PARIS pour être interrogé sur l’affaire BERTIN.

Là, je fus à nouveau torturé par des allemands qui me frappèrent avec un nerf de boeuf et à coups de pieds dans les reins.

Je fus ramené à FRESNES puis déporté en Allemagne dans les camps de Neue Bremen, Buchenwald et Dachau. Je précise qu’au mois d’octobre 1944, je ressentais encore les douleurs des traitements qui m’ont été infligés par HANNACK et le soit disant policier parisien. »

Lu, persiste et signe.
GINESTET

Après lecture, M. GINESTET déclare à nouveau :

« A mon retour d’Allemagne, j’ai constaté que mon logement avait été pillé. Ma femme est arrivée chez nous et s’est trouvée en présence de la Gestapo, parmi laquelle elle a reconnu des individus qui avaient procédé à mon arrestation. Ces individus sont venus en camion, sur lequel ils ont chargé du matériel électrique, ma motocyclette, mon poste de T.S.F. etc…

HANNACK est venu également, quelques jours après mon arrestation, demander encore de l’argent à ma femme qui lui donna 500 francs. Je n’ai jamais entendu parler de cette somme d’argent qui, soit disant, était destinée à payer ma pension. De même, il m’a pris la somme de 2 200 francs que j’avais dans mon portefeuille, avant de me le remettre. »

Publié le 24/04/2015 à 14:44:04

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